- Écrit le19 juin 2026
- 8 min
À propos
Je suis Elodie Jolain, naturopathe passionnée par le bien-être global, j’accompagne les particuliers et les entreprises à retrouver équilibre et vitalité grâce à des approches naturelles.
Vous vous réveillez le matin après sept ou huit heures de sommeil… et vous vous sentez déjà épuisée. La journée n’a pas encore commencé que l’énergie semble déjà en fuite. Vous vous demandez, sincèrement : pourquoi suis-je fatiguée tout le temps ?
Vous n’êtes pas seule. La fatigue persistante est l’une des plaintes les plus fréquentes que j’entends en consultation. Et pourtant, elle est trop souvent minimisée, mise sur le compte du stress ou de la vie moderne, sans jamais être vraiment explorée. Dans cet article, nous allons changer ça.
La fatigue, un signal, pas une fatalité
Avant tout, il est important de distinguer deux choses.
La fatigue normale apparaît après un effort, une nuit courte, une période intense. Elle disparaît avec du repos. C’est le corps qui dit : « j’ai besoin de récupérer. »
La fatigue persistante, elle, ne cède pas. Même après un week-end entier à ne rien faire. Même après des vacances. Même après une nuit complète. On parle alors d’asthénie : un état d’épuisement physique et mental qui s’installe dans la durée et qui finit par impacter chaque aspect de la vie quotidienne : le travail, les relations, la motivation, le moral.
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), une fatigue qui dure plus de quatre semaines sans cause évidente mérite une attention particulière.
Les grandes causes de la fatigue chronique
Pourquoi est-on fatiguée tout le temps ? La réponse n’est presque jamais simple, et c’est justement ce qui rend cette question si importante. Voici les principales pistes à explorer.
1. Un sommeil qui ne récupère pas vraiment
On pense souvent que dormir suffisamment suffit. Mais la quantité de sommeil ne dit rien sur sa qualité. Un sommeil haché, des réveils nocturnes fréquents, un endormissement difficile ou des nuits agitées empêchent le corps d’atteindre les phases de sommeil profond, celles où la vraie récupération se fait.
Les troubles du sommeil comme l’insomnie, le syndrome des jambes sans repos ou l’apnée du sommeil (souvent non diagnostiquée) sont des causes majeures de fatigue chronique. Si vous dormez huit heures mais que vous vous réveillez épuisée, la qualité de votre sommeil est probablement en cause. Pour en savoir plus sur le syndrome des jambes sans repos, je vous invite à consulter mon article à ce sujet.
2. Des carences nutritionnelles
Le corps a besoin de carburant pour fonctionner. Quand certains nutriments viennent à manquer, l’énergie s’effondre.
Les carences les plus souvent impliquées dans la fatigue chronique sont :
- Le fer : une carence (ou une anémie ferriprive) est l’une des causes les plus courantes, notamment chez les femmes en âge de procréer. Elle provoque une fatigue intense, des essoufflements et une pâleur.
- La vitamine D : largement insuffisante en France, surtout en hiver. Son déficit est directement lié à la fatigue, aux douleurs musculaires et aux baisses de moral.
- La vitamine B12 : essentielle au bon fonctionnement du système nerveux. Sa carence entraîne épuisement, difficultés de concentration et humeur maussade.
- Le magnésium : minéral anti-stress par excellence, il participe à la production d’énergie cellulaire. Le stress chronique en épuise les réserves rapidement.
Un simple bilan sanguin peut révéler ces carences. Si cela n’a pas encore été fait, c’est une première étape essentielle.
3. Le stress et la surcharge mentale
Nous vivons dans une époque d’hyperconnexion et de sollicitations constantes. Le cerveau, lui, ne dispose pas de bouton « off ». Cette charge mentale permanente, les to-do lists qui tournent en boucle, les décisions à prendre, les émotions à gérer, épuise profondément le système nerveux.
Le stress chronique stimule en continu la production de cortisol, l’hormone du stress. À long terme, cet état d’alerte permanent fatigue les glandes surrénales et finit par dérégler tout l’équilibre hormonal et énergétique du corps.
Pour mieux gérer son stress, j’ai écrit un article plus détaillé à ce sujet que je vous invite à lire juste ici.
4. Les dérèglements hormonaux
Les hormones jouent un rôle central dans notre niveau d’énergie. Plusieurs déséquilibres peuvent expliquer une fatigue qui ne passe pas :
- L’hypothyroïdie : la glande thyroïde, lorsqu’elle est sous-active, ralentit l’ensemble du métabolisme. La fatigue intense, la prise de poids, la frilosité et la déprime en sont les signes classiques. (si vous êtes concernés, voir mon article sur l’hypothyroïdie)
- Les fluctuations hormonales féminines : autour du cycle menstruel, de la périménopause ou de la ménopause, les variations d’œstrogènes et de progestérone peuvent générer une fatigue importante.
- La fatigue surrénalienne : souvent méconnue, elle survient après une longue période de stress intense, quand le corps n’arrive plus à produire suffisamment de cortisol au bon moment.
5. Un microbiote intestinal perturbé
L’intestin est bien plus que l’organe de la digestion. Il abrite des milliards de micro-organismes qui participent à la production de nombreux neurotransmetteurs : dont la sérotonine, impliquée dans la régulation de l’humeur et du sommeil, et à l’absorption des nutriments.
Un intestin inflammé, une dysbiose (déséquilibre du microbiote) ou une hyperperméabilité intestinale peuvent entraîner une fatigue profonde et durable, souvent accompagnée de ballonnements, de troubles digestifs et d’un moral en berne.
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Astuces alimentaires
Hygiène de vie
6. Un mode de vie qui ne soutient pas l’énergie
Parfois, la fatigue est le reflet direct d’habitudes de vie qui s’érodent sans qu’on s’en rende vraiment compte :
- Une alimentation ultra-transformée, pauvre en micronutriments et riche en sucres rapides, génère des pics et des chutes de glycémie qui épuisent l’organisme.
- La sédentarité : paradoxalement, le manque d’activité physique fatigue davantage qu’il ne repose.
- La déshydratation : même légère, elle entraîne une baisse notable d’énergie et de concentration.
- Un excès de caféine ou d’alcool, qui perturbent le sommeil et surmènent le foie.
Les signaux d’alarme à ne pas ignorer
Il existe des situations où la fatigue persistante peut indiquer quelque chose qui nécessite un suivi médical. Il ne s’agit pas d’alarmer, mais d’informer. Consultez votre médecin si votre fatigue s’accompagne de :
- Une perte de poids inexpliquée
- De la fièvre, des sueurs nocturnes
- Un essoufflement inhabituel
- Des douleurs diffuses et persistantes
- Un sentiment de tristesse profonde ou de perte de plaisir durable
Ces signes associés méritent un bilan médical complet. La naturopathie et la médecine conventionnelle ne s’opposent pas, elles se complètent.
Ce que l’on peut faire concrètement : mes conseils de naturopathe
Voici les premières pistes que j’explore avec mes consultantes pour retrouver une énergie stable et durable.
Commencez par un bilan sanguin complet. Demandez à votre médecin de vérifier la numération formule sanguine (NFS), la ferritine, la vitamine D, la vitamine B12, la TSH (thyroïde) et la glycémie à jeun. Ces dosages de base permettent d’éliminer les causes biologiques les plus courantes.
Soignez votre hygiène de sommeil. Le sommeil est la première médecine. Couchez-vous et levez-vous à des horaires réguliers, y compris le week-end. Éteignez les écrans au moins une heure avant de dormir (la lumière bleue inhibe la mélatonine). Gardez votre chambre fraîche, sombre et silencieuse. Ces ajustements, en apparence simples, ont un impact profond sur la qualité du sommeil.
Rééquilibrez votre alimentation. Privilégiez les aliments à index glycémique bas pour éviter les montagnes russes d’énergie. Mangez des légumes à chaque repas, des protéines de qualité (œufs, légumineuses, poissons gras) et des bonnes graisses (huile d’olive, avocats, noix). Réduisez les sucres rapides, les produits transformés et l’alcool.
Bougez, même un peu. Trente minutes de marche rapide par jour peuvent transformer votre niveau d’énergie en quelques semaines. L’exercice modéré stimule la mitochondrie (notre « centrale énergétique » cellulaire), améliore la qualité du sommeil et régule le cortisol.
Apprenez à gérer le stress autrement. La cohérence cardiaque (technique de respiration pratiquée trois fois par jour, cinq minutes) est un outil simple, gratuit et scientifiquement validé pour réguler le système nerveux autonome. La méditation, le yoga doux ou simplement des moments de silence dans la journée ont aussi leur place.
Soutenez votre intestin. Intégrez des aliments fermentés (yaourt nature, kéfir, choucroute), des fibres prébiotiques (ail, oignon, poireau, banane peu mûre) et prenez soin de mâcher lentement. L’intestin se régule avant tout par l’alimentation.
Écoutez votre corps. Si vous êtes fatiguée, reposez-vous sans culpabilité.
Et si on allait plus loin ensemble ?
Ces conseils constituent un bon point de départ. Mais la fatigue chronique a souvent plusieurs causes imbriquées, et trouver votre combinaison spécifique demande un regard individualisé.
En consultation naturopathique, je prends le temps de comprendre votre histoire, vos habitudes de vie, votre sommeil, votre alimentation, vos émotions et votre contexte de vie. Ensemble, nous construisons un plan d’action personnalisé et progressif, adapté à votre réalité, pas un protocole générique copié-collé.
Les conseils fournis ici ne sauraient se substituer à un avis médical, la naturopathie s’inscrit dans une démarche de complémentarité, n’arrêtez jamais un traitement en cours sans l’autorisation de votre médecin qui est le seul habilité à poser un diagnostic, prescrire ou modifier un traitement allopathique.

