- Écrit le6 mars 2026
- 8 min
À propos
Je suis Elodie Jolain, naturopathe passionnée par le bien-être global, j’accompagne les particuliers et les entreprises à retrouver équilibre et vitalité grâce à des approches naturelles.
Ces heures sans manger qui changent tout, mais pas comme vous le croyez
Vous avez probablement entendu parler du jeûne intermittent partout ces dernières années : dans les magazines, sur les réseaux sociaux, dans la bouche de vos collègues. Pourtant, entre les promesses excessives et les mises en garde alarmistes, difficile de savoir ce qui relève du bon sens et ce qui tient du mythe. En tant que naturopathe, je reçois chaque semaine des personnes qui arrivent avec une foule d’idées reçues sur cette pratique et souvent, elles sont passées à côté de l’essentiel.
Alors prenons le temps d’y voir clair, ensemble.
Qu’est-ce que le jeûne intermittent, vraiment ?
Le jeûne intermittent ou fasting en anglais, n’est pas un régime au sens traditionnel du terme. Il ne vous dit pas quoi manger, mais quand manger. Il s’agit d’alterner des périodes d’alimentation et des périodes de jeûne, selon un rythme que vous choisissez et adaptez à votre quotidien.
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, ce n’est pas une pratique nouvelle. Nos ancêtres ne mangeaient pas trois repas par jour à heures fixes. Le corps humain a été conçu pour fonctionner avec des phases d’abondance et des phases de repos digestif. Ce que le jeûne intermittent propose, c’est tout simplement de se reconnecter à ce rythme naturel.
Les différentes formes de jeûne intermittent
Il n’existe pas une seule façon de pratiquer le jeûne intermittent. Voici les protocoles les plus courants :
Le 16/8 C’est le plus répandu et souvent le plus facile à intégrer. Vous jeûnez pendant 16 heures et mangez sur une fenêtre de 8 heures. Par exemple : vous prenez votre dernier repas à 20h et ne remangez qu’à midi le lendemain. Le sommeil fait la plus grande partie du travail !
Le 14/10 Plus doux, idéal pour les débutants ou les personnes sensibles. La fenêtre alimentaire est de 10 heures, ce qui laisse davantage de souplesse tout en respectant un temps de repos digestif.
Le 5:2 Vous mangez normalement cinq jours par semaine, et deux jours non consécutifs, vous réduisez votre apport calorique de façon significative (généralement autour de 500 à 600 kcal). Ce protocole demande plus de planification.
Le jeûne un jour sur deux (ADF) Moins répandu et plus exigeant, il alterne des jours d’alimentation normale et des jours de jeûne ou de restriction importante. Il est rarement recommandé sans accompagnement.
En naturopathie, le protocole le plus fréquemment envisagé reste le 16/8 ou le 14/10, car ils s’intègrent naturellement au rythme de vie sans créer de rupture brutale.
Ce qui se passe dans votre corps pendant le jeûne
C’est ici que les choses deviennent fascinantes.
Quand vous cessez de manger, votre corps continue de travailler mais différemment. Dans les premières heures, il utilise le glucose disponible dans le sang et le foie. Passé ce stade, il commence à puiser dans ses réserves.
Un phénomène particulièrement étudié entre en jeu : l’autophagie. Ce mot vient du grec et signifie littéralement « se manger soi-même ». Il s’agit d’un processus de nettoyage cellulaire par lequel l’organisme élimine les cellules endommagées ou défectueuses pour en fabriquer de nouvelles.
Par ailleurs, pendant les phases de jeûne, le taux d’insuline dans le sang diminue naturellement. L’insuline est l’hormone qui permet au glucose d’entrer dans les cellules. Lorsqu’elle est moins sollicitée, le corps entre plus facilement en mode « utilisation des graisses ». C’est un processus physiologique normal, documenté de longue date.
Il est important de préciser : aucune allégation thérapeutique ne peut être faite concernant le jeûne intermittent. Ces éléments sont des processus biologiques naturels, et non des garanties de résultats sur la santé.
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Qui peut envisager le jeûne intermittent ?
Le jeûne intermittent peut convenir à de nombreuses personnes, mais il ne s’adresse pas à tout le monde. Avant de vous lancer, quelques points essentiels à considérer :
Cela peut être une piste intéressante pour :
- Les personnes qui souhaitent rééquilibrer leur rapport à la nourriture
- Celles qui cherchent à espacer leurs repas naturellement
- Les personnes qui digèrent difficilement et veulent offrir plus de repos à leur système digestif
- Celles qui sautent déjà le petit-déjeuner sans s’en rendre compte (et qui pratiquent donc déjà une forme de jeûne intermittent !)
En revanche, le jeûne intermittent est déconseillé pour :
- Les femmes enceintes ou allaitantes
- Les enfants et adolescents
- Les personnes souffrant ou ayant souffert de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie)
- Les personnes diabétiques sous traitement médicamenteux (en raison des variations glycémiques)
- Les personnes très actives physiquement sans accompagnement approprié
- Les personnes âgées fragilisées
La règle d’or : consultez un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation, surtout si vous avez un contexte médical particulier.
Les erreurs les plus fréquentes que j’observe en consultation
En accompagnant des personnes qui pratiquent ou souhaitent pratiquer le jeûne intermittent, certaines erreurs reviennent régulièrement :
Compenser pendant la fenêtre alimentaire C’est le piège classique. On a jeûné 16 heures, donc on se « rattrape » avec des repas trop copieux ou des aliments ultra-transformés. Le jeûne intermittent n’est pas une licence pour manger n’importe quoi.
Ne pas boire suffisamment Pendant les phases de jeûne, l’hydratation est essentielle. Eau, tisanes, bouillon de légumes léger… Le corps a besoin de liquides pour fonctionner et éliminer correctement.
Choisir un protocole trop contraignant dès le départ Vouloir attaquer directement le 16/8 quand on a l’habitude de prendre un petit-déjeuner copieux est souvent source d’échec et d’irritabilité. Mieux vaut commencer progressivement.
Ignorer les signaux du corps Les maux de tête, la grande fatigue, les vertiges ou une irritabilité marquée ne sont pas des effets normaux à endurer. Ce sont des signaux que votre corps envoie et qu’il convient d’écouter.
Pratiquer le jeûne dans un contexte de stress chronique Quand l’organisme est déjà en état de stress, ajouter un jeûne peut être contre-productif. Le corps a besoin d’un terrain stable pour tirer profit d’une telle pratique.
Conseils pratiques pour débuter en douceur
Si vous souhaitez explorer le jeûne intermittent, voici une approche progressive et bienveillante :
1. Commencez par observer votre rythme actuel À quelle heure prenez-vous votre dernier repas ? Et votre premier ? Souvent, sans le savoir, vous jeûnez déjà 10 à 11 heures. Notez-le pendant une semaine.
2. Décalez progressivement le petit-déjeuner Plutôt que de le supprimer brutalement, repoussez-le de 30 minutes chaque semaine. Votre corps s’adapte plus facilement par paliers.
3. Soignez la qualité de vos repas Privilégiez des aliments riches en fibres, en protéines et en bonnes graisses. Ils prolongent la satiété et rendent les phases de jeûne plus confortables.
4. Restez bien hydraté•e Eau plate, eau pétillante, tisanes : tout cela est autorisé pendant le jeûne et aide à passer le cap des premières heures.
5. Choisissez le bon moment pour vous Si votre journée est très chargée le matin ou si vous faites du sport tôt, le 16/8 avec fenêtre décalée l’après-midi ne sera peut-être pas adapté. Personnaliser votre protocole fait toute la différence.
6. Soyez indulgent•e avec vous-même Le jeûne intermittent n’est pas un concours. Un jour où vous mangez en dehors de votre fenêtre habituelle n’efface pas vos efforts. La régularité sur le long terme prime toujours.
Pourquoi un accompagnement peut tout changer
Le jeûne intermittent peut sembler simple sur le papier. Mais dans la réalité, chaque personne est différente : son histoire alimentaire, son niveau de stress, son sommeil, son activité physique, ses fragilités… Tous ces facteurs influencent la façon dont votre corps va répondre à cette pratique.
En naturopathie, l’accompagnement ne se limite pas à vous donner un protocole à suivre. Il s’agit de comprendre votre terrain, d’identifier ce qui pourrait freiner ou favoriser votre démarche, et d’adapter les conseils à votre réalité de vie.
Certaines personnes progressent très bien seules. D’autres ont besoin d’un regard extérieur bienveillant pour ajuster, pour être rassurées, ou tout simplement pour ne pas rester seules face aux doutes qui surgissent inévitablement.
Si vous vous posez des questions sur votre alimentation, si vous sentez que quelque chose mérite d’être réévalué, ou si vous souhaitez simplement explorer le jeûne intermittent de façon éclairée et personnalisée, une consultation naturopathe peut être un point de départ précieux.
Les conseils fournis ici ne sauraient se substituer à un avis médical, la naturopathie s’inscrit dans une démarche de complémentarité, n’arrêtez jamais un traitement en cours sans l’autorisation de votre médecin qui est le seul habilité à poser un diagnostic, prescrire ou modifier un traitement allopathique.

